Quand des praticiens écrivent…

L’aventure de la rencontre avec des personnes privées de parole puis avec les parties muettes de nous-mêmes se déroule de façon imprévisible. Au fil des pages, l’auteur relate les aléas de ces Voyages en Psychophanie, rassemblant les impressions de ses expériences vécues ici et là, anciennes ou récentes et en proposant des explications provisoires à partir de la réalité des événements saillants de l’aventure. L’analyse du fonctionnement de la méthode employée pour aborder l’autre et des productions et comportements que révèle cette pratique de la relation entre des personnes dites ” valides ” et d’autres dites ” invalides “, permettent de comprendre la nécessité d’une reconnaissance de l’être des personnes privées provisoirement ou durablement de l’usage de la parole. La confirmation, peut-être aussi, de l’incapacité de ceux qui parlent bien, à communiquer en vérité.

Voici l’essai d’un éducateur spécialisé confronté à l’isolement de jeunes autistes profonds. En 1995, il rencontre la « communication facilitée », méthode alternative de communication qu’il pratiquera au quotidien pendant 10 ans. Cette approche lui permettra d’ouvrir les brèches d’un chemin de communication, et ce malgré les difficultés. D’abord sceptique, c’est sa pratique qui l’amène à découvrir et expérimenter ce mode de communication, certes déroutant. Pourtant les résultats sont là… Du vécu s’écrit sur le clavier, des émotions s’expriment, des faits inconnus se révèlent, des crises trouvent leur apaisement et une relation de confiance prend forme, semaine après semaine. L’auteur, formateur dans cette pratique de relation d’aide, parle de ses limites et de la nécessité d’une exigence éthique rigoureuse, indispensable.

La communication d’inconscient à inconscient est un mode de relation entre humains. Elle peut aussi être un outil thérapeutique face à des souffrances qui semblent incompréhensibles. Depuis quelques années, des accompagnants tentent de franchir les barrières de l’autisme : un clavier d’ordinateur devient le lieu de rencontre entre deux inconscients, et un vecteur de parole (la communication facilitée). Peu à peu, certains de ces accompagnants ont eu accès à des matériaux psychiques plus profonds. Ce procédé est devenu alors un outil d’exploration du psychisme. Il a été nommé psychophanie par Anne-Marguerite Vexiau. Sensible à l’inertie et aux résistances inhérentes au cadre analytique, Philippe Sieca s’est interrogé sur les limites des modalités thérapeutiques classiques. C’est pourquoi il a expérimenté d’autres outils, comme la psychophanie, qu’il a introduite dans sa pratique quotidienne de thérapeute. Il montre dans ce livre que l’utilisation de cette technique peut être conceptualisée et utilisée à des fins thérapeutiques de façon très efficace ; il légitime ainsi cette greffe à l’intérieur de cadres thérapeutiques classiques avec toute la rigueur et les précautions dont doit bénéficier la relation d’aide. Ce livre relate une aventure sans précédent. Il ouvre de nouveaux horizons thérapeutiques et un renouvellement du questionnement sur le psychisme humain.

A la recherche des moyens de communication pouvant aider les autistes sans parole. Anne-Marguerite Vexiau, orthophoniste de formation, est partie en 1993 pour l’Australie apprendre la «communication facilitée». Elle s’est ainsi laissé entraîner dans une aventure extraordinaire qui ne cesse de lui faire découvrir des possibilités insoupçonnées chez tous les êtres humains. C’est ce qu’elle relate ici, en ayant le courage d’explorer des vérités qui dérangent.

La technique paraît simple : un partenaire, appelé facilitant, soutient la main d’une personne pour l’aider à s’exprimer sur un clavier. Mais il semble qu’au-delà de l’appui qu’apporte le facilitant, celui-ci serve de médiateur et transcrive les images mentales que lui envoie son patient. Quel que soit son âge, son niveau intellectuel ou l’atteinte de son cerveau, la personne handicapée peut manifester ses émotions. Des sourds, des non-voyants, des comateux, des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer restent ainsi en relation avec leurs proches.

Anne-Marguerite Vexiau a ensuite proposé cette approche thérapeutique à des personnes valides présentant des difficultés psychologiques, en lui donnant le nom de psychophanie (du grec phan, «mettre au jour»). Elle a obtenu des résultats rapides et surprenants, et apporté un nouvel éclairage sur la transmission des traumatismes au sein des lignées, la communication à distance entre les êtres, la conscience des bébés et même des embryons. Le présent essai ouvre donc une porte sur les mystères du psychisme humain et les formes collectives de l’inconscient : «une découverte aussi importante, écrit Didier Dumas, que celle que fut, au siècle dernier, la psychanalyse».

“Je choisis ta main pour traverser la mort et faire mourir la mort, et faire changer la vie.” Charlotte, 11 ans.

Anne-Marguerite Vexiau fait un travail extraordinaire avec des enfants, des adolescents, voire des adultes, autistes, trisomiques, polyhandicapés, etc. Ces êtres privés de parole le plus souvent parviennent à taper sur un petit ordinateur, légèrement soutenus au niveau de la main par le “facilitateur”,, les phrases, les mots les plus bouleversants.
La méthode – la communication facilitée – provoque encore rejets et polémiques car elle remet en question tout ce que nous croyons savoir sur l’enfant, le langage, l’inconscient. Mais il faut avoir VU la joie de ces êtres, leurs visages illuminés, les progrès qu’ils font d’une séance à l’autre pour se convaincre du bien-fondé de la méthode et du témoignage d’Anne-Marguerite Vexiau.
Joëlle de Gravelaine.

Quand des facilités écrivent…

À 44 ans, la vie de Colette bascule. Un grave accident de la circulation, avec des séquelles importantes (traumatisme crânien, coma, fractures multiples, aphasie…) la rend totalement dépendante. Après un an d’hospitalisation, Colette revient à la maison. La rééducation se poursuit sans grand résultat et surtout, elle reste mutique. Dix-neuf ans plus tard un ami, Jean-Paul, lui fait découvrir la communication facilitée et c’est une renaissance. Des mots, corps cassé, silence, peur, amour, lumière… puis des phrases s’inscrivent sur l’écran. C’est cette histoire, son histoire, que Colette raconte dans Lumière.

Après Lumière, Colette partage de nouveau son vécu de personne handicapée. Elle nous parle de ses peurs, de ses désespoirs, mais aussi de la découverte de cette lumière intérieure qu’elle entretiendra et qui deviendra son guide, son chemin de vie et de connaissance. Cette lumière qui lui permettra de transcender son corps figé pour avancer avec confiance vers une autre compréhension du sens de sa vie. Avec son style si particulier, Colette nous invite à porter ” un autre regard ” sur le monde du handicap.

Annaëlle, huit ans, est condamnée au silence et peut-être à une fin précoce. La méthode de la ” communication facilitée ” mise au point en Australie puis développée en Amérique, en France et en Israël, lui permet de parler avec nous par clavier informatique interposé. Soutenue par sa foi religieuse et celle de ses parents, dotée d’une étonnante clairvoyance, elle nous ouvre ainsi les ports de son monde intérieur et nous apporte la preuve, s’il en était encore besoin que les enfants polyhandicapés ou autistes sont sensibles au moindre battement de paupière du monde. Le Livre d’Annaëlle n’est pas seulement l’autobiographie d’une jeune vie, avec ses souffrances et ses joies intenses, il est aussi un témoignage d’amour et de vérité universelle, un appel de Dieu aux hommes. Son enfermement, Annaëlle le reçoit comme une suprême liberté, car elle vit en Dieu. Elle n’a rien oublié de la parole de son origine, elle raconte ses vies antérieures et parle du Talmud et de la Bible avec une érudition digne des plus grands maîtres. Il n’est pas jusqu’au Grand Rabbin Joseph Sitruk qui ne s’écrie un jour lors d’une conférence : ” Un sefer Torah dans un corps humain, s’il yen avait un, je citerais le nom d’Annaëlle : une main humaine capable de dire ce qu’une main céleste a dicté aux hommes. Elle est à elle seule une Torah vivante, avec des yeux et un sourire… ” Son livre fut un immense succès. Annaëlle aurait dix-neuf ans aujourd’hui et demanda expressément à ses parents qu’à cette date soit publié son deuxième livre (inédit) sous le titre choisi par elle : Le livre inachevé. On y côtoie le Golem ainsi que le Maharal de Prague, l’esprit de l’eau et le souffle du Messie, les réincarnations, le Berger transhumant, les contes et ce sentiment ténu qui traverse les deux livres, que nous avons regroupés ici, de joie, de force et de confiance absolue en la Providence divine

Emmanuel a 18 ans. Il est autiste. Un mot pour tout résumer. Il souffre de “graves troubles du comportement”. C’est la formule usuelle pour commencer à préciser le diagnostic. Autant dire qu’il souffre. Et qu’il ne parle pas. De nombreux jours, de nombreuses nuits, ont été pour lui bien difficiles à vivre. Beaucoup ont été effrayants. Pour évoquer 18 ans de désastre quotidien, il faut se contenter d’un mot ou il faut en faire un livre. Ce travail semble traduire l’alternance ou le chevauchement de différents niveaux de conscience. Il offre avant tout à Emmanuel le moyen de s’exprimer sur des registres émotionnels et affectifs qui autrement resteraient douloureusement méconnus.

Aurélie Connoir est une jeune autiste et trisomique de 21 ans qui ne communique avec ses parents que par l’intermédiaire de son ordinateur. D’une intelligence évoluée, elle ressent son handicap comme une barrière psychique impossible à franchir malgré sa volonté. Ses écrits reflètent une bataille perpétuelle contre la maladie, le regard des “autres” et une certaine compassion mal canalisée ne font que creuser le fossé relationnel inventé par son corps pour empêcher son cerveau de s’extérioriser par la parole, le regard et les gestes. Alors Aurélie a trouvé un subterfuge, elle écrit…

“Sans parole je suis à cause de mon handicap. Mais une méthode merveilleuse me permet de m’exprimer : la C. F. (Communication Facilitée). C’est ainsi que mes mots perlent au bout de mes doigts. J’ai plein de choses à dire. Sans parole je suis mais j’écris. N’est-ce pas l’essentiel !”

Ce livre, je l’ai voulu comme un espoir donné aux parents d’enfants handicapés.
Je veux qu’ils sachent que l’enfant dont ils ont la charge est en fait un être d’exception.
Je veux qu’ils prennent conscience qu’ils ont un être d’une grande intelligence et d’une grande sensibilité avec ses souffrances, ses révoltes, ses coups de colère, ses joies comme tout être humain.
La C.F. m’a permis de révéler ça à ma famille et ce livre vous le révèle encore plus.
Mes poèmes sont inspirés par ma vie, par les évènements qui m’entourent, le milieu dans lequel je vis.
Même si parfois je parais absente, c’est avec violence et brutalité que je reçois les évènements et parfois ils mettent encore plus à vif ma sensibilité.
D’où ce témoignage de l’Amour que je veux donner au lecteur et au monde.

“Je pratique une méthode de communication tout autant fiable pour nous que la parole.
Pire que tout c’est le putain de silence forcé et trucident. Unir notre désir de communiquer boude toutes les différences.
Moi j’utilise une machine comme vous utilisez votre voix.
Pourquoi toujours privilégier une dimension toute empreinte de paroles qui troublent une vraie communication ?
Toutes les idées fusent dans nos têtes comme dans les vôtres. Les partager aide notre pensée à se fortifier.
Faites-nous parler, c’est une question de vie forte. Tuer les mots détruit notre raison de vivre.
Un grand pont fixe notre itinéraire. Il nous fait circuler dans les deux sens.
Merci de l’emprunter le plus souvent possible. “

Remi Doudiès est né le 1er octobre 1992. Un accident de naissance le fait entrer dans la vie avec l’étiquette IMC. À sept ans déjà il sait se faire comprendre: il veut être écrivain. Il vit dans un petit village des Monts du Matin, dans la Loire: Saint-Cyr-de-Valorges. C’est en 2006 que la rencontre avec Bertrand Lepercq et la communication facilitée lui permettent d’écrire ses premières lignes avec enthousiasme. Alain Pouillet, artiste peintre et ami de la famille, lit ses premières pages et lui propose d’illustrer ses pensées, ce qui le comble de joie. Le projet prend forme dans la complicité de leur relation.

“Je faisais peur, je ressentais l’inquiétude me submerger moi et les autres. Les femmes avaient peur et disaient : “Comment lui donner à manger ?” Moi je voulais aider mais je n’ai pas pu. Josiane à dit “moi, je peux”, elle n’avait pas peur de moi. Dès lors, j’étais plus tranquille. Mais je suis toujours curiosité pour les autres. J’ai choisi de faire le chemin de la terre. Je souhaite faire dire de moi les choses que je veux et ainsi éloigner les paroles des personnes ignorantes de la force que j’ai.

 «Depuis que j’ai cette possibilité d’écrire sur l’ordinateur grâce à la Communication Facilitée (CF), j’ai pu laisser s’exprimer toute ma
sensibilité et ma poésie intérieure. En m’inspirant de mon
vécu, de mes observations de la nature et des rencontres en lien avec mes
centres d’intérêt, a germé en moi l’idée de partager mes poèmes. J’ai commencé par en écrire pour des personnes en souffrance ayant perdu un membre
de leur famille, et puis j’en ai écrit par rapport à mes propres souffrances. Et j’ai
eu besoin de clamer cette injustice ressentie si fréquemment. Oui mais voilà,
écrire juste un livre de poésies était insuffisant. Pour faire le lien entre l’aspect
poétique et la réalité parfois complexe, parfois merveilleuse de ma vie, j’ai souhaité associer un écrit à un poème. Et comme j’aime les couleurs, la lumière, et que m’exprimer librement passe aussi par la voix, la musique, mais aussi
la peinture et le dessin, j’ai décidé d’associer poésie, texte et couleur.
L’ordre des poèmes a été aussi objet de réflexions et comme j’aime la vie, comme j’aime la nature, j’ai choisi de suivre les étapes du déroulement d’une vie, tout le long des 20 chapitres, chacun étant construit autour d’un poème. Voilà comment est né mon livre : « Envie de paroles, paroles de vie »…»

« Je m’appelle Olivier. Je suis certes un peu différent, en apparence, de beaucoup d’entre vous, amis lecteurs, mais au plus profond, même si chaque être est unique, nous avons un grand dénominateur commun qui s’appelle la Lumière intérieure.
Chacun a sa lampe. et son huile. et sa mèche.
Il est important d’avoir toujours la mèche allumée en conscience. »

Ce témoignage renferme à la fois l’expérience d’un parcours personnel et un espoir pour tous les autistes et leur entourage. Olivier Meynier livre dans ces pages une leçon de courage, de ténacité, mais également une confession honnête et sensible des moments de doute, d’angoisse, ou de souffrance due au rejet des autres. Il témoigne d’un grand désir de communiquer et de partager. une leçon de vie et d’enthousiasme, à lire d’urgence.

” Il y a tout ce monde visible et audible que chacun peut percevoir à sa façon avec ses sens ordinaires. Et puis il y a tout ce qui est permanent et qui bien souvent rassure. Et ce qui est impermanent qui nous échappe si facilement. Mais existe aussi le mystère de l’invisible, de l’inaudible qui appelle notre conscience humaine à réfléchir, à exprimer nos ressentis. Nous vivons tous avec nos limitations et pourtant en chacun, plus ou moins en profondeur, l’appel pour un grand voyage est présent… Là, face à l’océan, je me sens en immense respect de toute la vie qui y est en mouvement… et ma conscience s’élargit, s’élargit, s’élargit… Souhaitez-vous partager avec moi ce moment de plénitude et de grâce au gré des vagues de votre conscience ? “

Caroline Short est une jeune femme de 20 ans polyhandicapée. Dans ce livre, écrit grâce à la communication facilitée, elle partage avec nous son histoire de vie jusqu’à aujourd’hui. Au fil des pages, Caroline nous rappelle que ce n’est pas parce qu’une personne ne peut pas parler qu’elle n’a rien à dire. Développée en 1987 par Rosemary Crossley, une enseignante australienne, la communication facilitée est une méthode encore peu connue qui permet aux personnes privées de l’usage de la parole de s’exprimer au moyen d’un clavier avec l’aide d’un « facilitant » qui leur soutient la main. En pratique, le « facilitant » accompagne le mouvement de la main du « facilité » et lit à voix haute, au fur et à mesure de la frappe, les mots et les phrases qui s’inscrivent. Ce livre est né du désir de Caroline de parler du monde du handicap. Ecrit avec l’aide de sa « facilitante », Anne-Catherine Bruchez, ce récit intimiste est avant tout une très belle leçon de vie, celle d’une femme qui construit son quotidien à partir de son handicap et qui a su le dépasser…

Quand des parents écrivent…

Tu, nous, moi, elle, eux.. Il s’agit du parcours, du chemin d’une femme et d’un homme, d’une famille qui bascule à la naissance de leur deuxième enfant né microcéphale. Entre désespoirs et opiniâtreté, entre colères et abdications, Marie raconte en vente toute l’histoire qui l’entraîne sur les traces des femmes de sa famille sur plusieurs générations. Et puis, voilà qu’un jour, on découvre une méthode grâce a laquelle mère et talle peuvent rentrer en communication. Se révèle alors la magnifique et poétique aventure de la parole redonnée et de la redécouverte d’une intégrité. Un livre d’abord à une seule voix, puis à deux voix qui se répondent avec respect et amour jusqu’à ce que chacune soit véritablement soi-même. Une histoire qui touche, questionne et appelle un changement de regard.

Annick a trente ans. Elle est autiste, mutique et dépendante pour de nombreux actes de la vie courante. Pourtant, sa mère a toujours cru en son intelligence. Après avoir essayé, sans succès, de multiples moyens pour communiquer, la découverte de la Communication facilitée a bouleversé toute leur vie : familiale, personnelle et sociale. Aujourd’hui, Annick manifeste ses choix, ses sentiments, ses idées sur le monde qui ne lui est pas aussi indifférent qu’elle le laisse paraître. Selon les mots mêmes d’Annick, il est ” urgent de réveiller les gens. Ils ont besoin de tout comprendre avec la tête, et le cœur on le croit moins intelligent. Les acteurs de vie raisonnable demandent toujours les preuves aux choses qu’ils ne comprennent pas “. Pourquoi priver d’un tel bonheur les personnes bloquées dans leur communication ? ” Vacherie d’ignorance fait souffrir autant les handicapés que vous autres. ” ” Avantagez-moi en raflant mes textes aux autres gens. ” C’est pour répondre à cette demande d’Annick que sa mère livre son témoignage. Pour dédramatiser le handicap, réconforter de nombreux parents et révéler à tous un monde différent aux richesses insoupçonnées. Les messages poignants d’Annick interpellent : ” Moi je cache mon esprit sous un habit de fille bête. J’aimerais exister comme tous les gens. Réalisez-vous que moi je suis vite dame alors que je reste enfant. Maladie empêche dame de grandir. Facile de croire que moi je indiffère. Faux. ” La CF nous renseigne, nous déroute, nous éclaire, nous exalte. Elle nous apporte aussi la souffrance de la personne handicapée à l’état brut. Il faut le savoir et se préparer à cela. ” Maman je t’aime fort car tu ne sapes pas mes espoirs. J’ai galvanisé ma peur. Je guéris mon autisme inutile. Je veux goûter la vie. ” A l’heure où le mot handicapé semble être banni par les hommes de loi eux-mêmes (arrêt Péruche), ce témoignage rend toute sa dignité à la personne handicapée.